Chers parents,
Vous trouverez ci-dessous le texte du "speech" de l'APL prononcé lors de cette table ronde où étaient présents la Sénatrice des Français établis hors de France, Mme Samantha Cazebonne, en charge par le Premier Ministre d'une mission de restructuration de l'AEFE, la Présidente du Conseil Consulaire, Mme Patricia Connell, et le Député d'Europe du Nord, M. Vincent Caure.
"Le constat quant aux ressentis des parents suite à la continuelle augmentation des frais scolarités est le suivant :
L’augmentation continuelle des frais de scolarité engendre des sentiments divers, principalement de l’inquiétude et une certaine colère, et ce pour plusieurs raisons:
- L’augmentation non seulement s’accroît mais ne semble pas pouvoir être stoppée : de 2014 à 2025 les frais au LFCG ont augmenté de 106%, l’inflation a été de 45%, et la hausse des salaires (salaires médian)de 43%.
- Sur la seule année 2025, nous avons subi 27% d’augmentation (la TVA imposée par le gouvernement anglais à hauteur de 20%, puis une augmentation à partir de ce nouveau montant, de 4% demandée par le Lycée). Par ailleurs cette taxe de 20% est vécue comme un nouvel impôt qui s’est ajouté à celui que les parents paient déjà en tant que résidents au UK et est ressentie comme une injustice. Ce qui crée de la colère. Nous savons que des négociations ont eu lieu mais le résultat a été celui qu’on connait. D’où une déception certaine.
- L'AEFE nous a annoncé une augmentation pour 2026/2027 de 2% pour le Lycée, ce qui semble peu au regard des augmentations dans les autres EGD, mais la réalité est que pour pouvoir s’acquitter des 35% de participation au coût des pensions civiles ( je fais référence aux décisions du CA de l’AEFE du 18 décembre dernier), le Lycée est obligé de puiser dans ses fonds de réserve, constitués de l’argent des frais de scolarité et destiné aux immobilisations, travaux, etc… Pour rappel, depuis 2009, l’État a décidé de transférer à l’AEFE, via le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, la charge du financement des pensions civiles des personnels détachés, coût qui est in fine répercuté sur les familles.
- Ce même ministère a réduit ses subventions auprès de l’AEFE de 63ME et les bourses de 5ME, lors même que le coût des pensions civiles a augmenté, s’élevant à 66ME. L’effet de ciseau budgétaire a conduit l’AEFE à un déficit de 70ME (80% en raison du coût des pensions civiles).
Les parents ont donc un sentiment d’abandon : l’Etat se désengage et les familles se substituent à ses obligations. Ces augmentations massives sont devenues insupportables pour une grande majorité d’entre elles. Insupportables au sens strict et au sens large. Beaucoup d’entre elles, bien que gagnant un salaire correct ne peuvent pas payer ses frais (nous l’avons d’ailleurs constaté avec l’explosion des demandes auprès de la Charité LFCG Families Charity Fund dès le premier trimestre). Insupportables aussi parce rien ne semble fait pour qu’elles s’arrêtent. Le système de bourses consulaires exclut certaines familles dont les revenus, bien que paraissant corrects, ne leur permettent pas pour autant d’assumer pleinement les frais de scolarité.
Le modèle économique de l’AEFE nous apparaît donc problématique, est ce en raison de son obsolescence.
J’ajouterais que ces augmentations engendrent une division au sein même de la communauté des Français. Certains maintenant considérés comme « les riches voir ultra riches » et les autres. Il n’a donc plus d’accès à l’éducation française de manière équitable. Ce sentiment de division au sein de la communauté française s’est accentué dernièrement avec l’annonce, abrupte, de la probable fin des partenariats avec les écoles britanniques : pour un même cursus, la moitié qui dépend du Lycée paie, et l’autre moitié ne paie rien ( MDO vs Holy Cross, Wix vs Belleville).
Nous parents, attendons donc un engagement ferme de l’Etat, son soutien et son engagement à créer une situation stable financièrement (lorsqu’elles entrent au lycée les familles s’engagent généralement sur une durée de 15ans) et le maintien d'un enseignement de qualité. J’espère que nos échanges ici seront rassurants. Ce qui est aussi en jeu, c’est une perte d’attractivité pour les Français (qui donc risquent de se diriger vers le système britannique) et une perte de rayonnement pour la France."
Pour l'APL
Maryline Berlin, Présidente

